Recherches et connaissances

Femme et autisme : une approche holistique

L’autisme, trouble neurodéveloppemental, affecte la communication et la gestion des émotions, avec des caractéristiques différentes selon les individus. Il concernerait environ 1 % de la population mondiale, soit environ 700 000 Français (1).

Les femmes autistes, souvent diagnostiquées tardivement, développent des stratégies d’adaptation, passant inaperçues en société. Comme le caméléon qui change de couleur pour se fondre dans son environnement, les femmes autistes s’ajustent constamment à leur entourage pour «passer inaperçues». Ce phénomène de camouflage rend leur diagnostic difficile, et leurs symptômes sont souvent masqués par des troubles associés comme la dépression ou l’anxiété.

En tant que naturopathe, mon accompagnement n’est bien sûr pas de soigner l’autisme – qui n’est pas une maladie faut-il le rappeler ! – mais d’améliorer le confort de vie des personnes diagnostiquées, dans le cadre d’une prise en charge multidisciplinaire.

L’autisme, en particulier chez la femme : de quoi parle-t-on ?

Depuis le DSM-5*, nous ne parlons plus du Syndrome d’Asperger ou de Rett par exemple, mais faisons référence à un seul diagnostic : celui d’autisme, avec 1 des 3 niveaux de sévérité (nécessite un soutien, nécessite un soutien important, nécessite un soutien très important).

*Diagnostic and Statistical Manual ou Mental Disosdres (DSM) publié par l’Association américaine de psychiatrie (APA), et qui propose une classification des troubles mentaux

Face à l’hétérogénéité des cas, de l’évolution des classifications et encore d’une large méconnaissance du public, il convient de rappeler ce que n’est pas l’autisme :

Figure 1 – Ce que l’autisme n’est pas (2)

L’autisme peut être repéré avant l’âge de 2 ans, mais le diagnostic est possible tout au long de la vie. La présence de l’autisme est fréquemment liée à d’autres troubles que l’on appelle comorbidités (épilepsie, hyperactivité, troubles intellectuels, troubles du sommeil, troubles alimentaires, etc) rendant le diagnostic tardif plus difficile. En l’absence de retard intellectuel, les personnes ont acquis la capacité de dissimuler leurs symptômes, interprétés parfois comme de la timidité ou un manque d’humour. Elles rencontrent aussi des difficultés à s’ajuster au changement. Les relations amicales, affectives et amoureuses peuvent être compliquées par le manque d’empathie et d’écoute (8).

En ce qui concerne les adultes sans handicap intellectuel, c’est généralement la personne elle-même qui pose les premières questions et qui va faire les démarches nécessaires pour obtenir un diagnostic d’autisme seule ou avec l’aide d’un tiers. Son objectif sera de comprendre d’où provient ce sentiment de décalage, cette inadaptation plus ou moins prononcée à la vie en société, quelles sont les raisons de ses échecs, de sa relation à autrui si singulière, de son intolérance au bruit ou au toucher par exemple.

Le diagnostic permet d’organiser des interventions adéquates, d’accéder à davantage de services, de diminuer le jugement des proches sur les comportements de la personne, de réduire l’autocritique des individus envers eux-mêmes, d’accompagner la construction d’une identité positive.

Les chiffres actuels indiquent que l’autisme touche 3 garçons pour 1 fille. Cependant, ce chiffre est sans doute sous-estimé. En effet, l’autisme présente actuellement un biais de genre qui pousse les chercheurs à s’intéresser aux caractéristiques féminines de l’autisme et à l’existence d’un phénotype spécifique féminin (3).

Ce biais de genre est lié à la façon dont les études scientifiques sur le sujet ont été développées dans les années 1950 (Hans Asperger et Léo Kanner), principalement menées sur des hommes. Depuis cette époque, la majorité des recherches impliquant des personnes autistes incluent des hommes : l’observation de jeunes garçons ou hommes autistes est donc la source principale des comportements décrits dans la littérature.

Cependant, ces dernières années de nombreuses études ont émergé et soutiennent la théorie d’un phénotype autistique spécifique aux femmes, bien qu’elles présentent parfois des résultats contradictoires. La recherche a en outre montré que les femmes ont une meilleure capacité à utiliser des stratégies de camouflage pour masquer leurs difficultés. Ainsi, les femmes diagnostiquées tardivement (à l’âge adulte), expriment le sentiment de s’être toujours senties différentes, et le diagnostic arrive généralement comme un soulagement.

Une personne autiste peut développer à n’importe quel âge l’ensemble ou une partie des symptômes courants, mais à noter que pris individuellement, chacun de ces signes n’est pas caractéristique de l’autisme (4) (1) (2) : champs activités / d’intérêts restreints parfois envahissants, difficultés à s’intégrer socialement, hyper- ou hyposensibilité multisensorielle par exemple.

En plus des comorbidités évoquées précédemment, les données récentes suggèrent également que les TSA pourraient être liés à :

  • Des troubles du métabolisme (5) : du transport des acides aminés, des folates, du cuivre, du cycle de l’urée, troubles des neurotransmetteurs, maladies d’accumulation du fer dans le cerveau, et bien d’autres encore
  • La sélectivité alimentaire chez les adultes qui peut également conduire à des apports nutritionnels inadéquats, et donc à des déficits / carences ou surcharges (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13):
Figure 2 - Carences et surcharges
Figure 2 – Carences et surcharges

En outre, chez les personnes autistes, il y a un déséquilibre des neurotransmetteurs : la dopamine et l’acide gamma-aminobutyrique (GABA, rôle inhibiteur) seraient bloquées, tandis que la sérotonine serait parfois excessive . En outre, la présence excessive de chlore dans les cellules du tissu nerveux des personnes autistes diminuerait l’effet inhibiteur que le GABA devrait avoir sur les neurones, ce qui expliquerait le déferlement de données sensorielles chez les individus autistes (hypersensibilité multisensorielle et agitation cérébrale).

D’après des études, cette mauvaise circulation des neurotransmetteurs serait due à un métabolisme de méthylation* insuffisant.

* La méthylation est une activité métabolique essentielle qui se produit dans toutes les cellules de l’organisme et a un impact sur le fonctionnement du cerveau : synthèse et la régulation des neurotransmetteurs et hormones dans le cerveau, chélation des substances toxiques par la production de glutathion et dégradation de l’histamine dans l’intestin.

Enfin, une étude menée en 2019 sur 355 femmes autistes et 132 femmes non autistes a montré que les femmes autistes sont plus sujettes à la dépression pré- et postnatale. En cause :

  • Un sentiment d’être moins bien renseignées sur ces étapes de leur vie
  • Les difficultés d’allaitement
  • Davantage de symptômes sensoriels et physiques
  • Des difficultés de communication avec les professionnels de santé et les travailleurs sociaux
  • Sentiment d’être jugées dans leur rôle de mère
  • Le fait qu’elles ne savent pas demander de l’aide, même quand elles en ont besoin.

Arsenal thérapeutique conventionnel chez la femme adulte

Il n’existe pas à l’heure actuelle de médicament spécifique pour l’autisme. En revanche, les troubles peuvent être atténués grâce à une prise en charge précoce et pluridisciplinaire (16) (1).

Les TSA évoluent avec le temps et l’apprentissage. Grâce à une bonne prise en charge, il est possible d’améliorer les capacités fonctionnelles de la personne à interagir avec les autres. Cette approche individualisée et pluridisciplinaire varie de l’enfance à l’âge adulte. Elle comprend des dimensions sanitaires, médicales et sociales.

Les femmes adultes autistes font face à des évolutions incessantes dans leur existence et les interventions personnalisées ont pour objectif de les soutenir dans le maintien de leurs compétences et de leur autonomie. Il est important de considérer leur entourage familial lors des interventions (17) (18). L’arsenal thérapeutique conventionnel comprend :

  • Des médicaments : dans la prise en charge des comorbidités, on peut citer notamment les somnifères, les anxiolytiques et les antiépileptiques. Ces médicaments ont des effets secondaires importants
  • Psychothérapies (cf thérapies cognitives et comportementales (TCC)) : aident à gérer leurs émotions et les troubles de comportement, et à améliorer les déficits cognitifs
  • Psychoéducation : aide à gérer les problèmes de développement neurologique
  • Thérapie d’intégration auditive : pour résoudre des troubles de distorsion et d’hypersensibilité auditive
  • Bilan de santé annuel a minima ou lors de tout changement de comportement soudain.

Approche naturopathique de l’autisme chez l’adulte, en particulier chez la femme

Nous avons vu que la personne TSA pouvait souffrir de nombreux déficits, voire carences, et de surcharges pouvant aggraver le tableau clinique. L’hygiène alimentaire est de fait un outil très puissant pour adoucir le quotidien des femmes autistes, mais ce n’est pas le seul.

Après un travail bibliographique approfondi et une enquête réalisée dans le cadre de mon dossier libre de professionnalisation de fin d’études de naturopathie (Ecole Synergie Naturopathie), j’ai pu développer des recommandations qui ont pour but de :

  • Réduire l’exposition aux polluants, notamment les métaux lourds (environnement, alimentation, cosmétiques, etc)
  • Réduire les sources d’inflammation physique et mentale
  • Restaurer la paroi intestinale et rééquilibrer le microbiote
  • Aider à la gestion des émotions.

Pour ce faire, je propose un protocole en 3 étapes sur le principe des cures de Pierre-Valentin Marchesseau, père de la naturopathie française. Évidemment, en dehors de ceux liés à la grossesse et à l’allaitement, mes conseils ne sont pas genrés : ils peuvent aussi être proposés à des hommes.

1. Cure de détoxification / drainage

  • Hygiène alimentaire

Avant de proposer de modifier le régime alimentaire, un travail préalable sur les troubles du comportement alimentaire (TCA) ou des troubles de l’oralité doit être entrepris au besoin grâce à une prise en charge médicale et psychologique. La naturopathie peut être un outil supplémentaire dans la lutte contre les TCA et l’instauration « d’un bien manger », en offrant :

  • Des outils de gestion du stress et des émotions : méditation, relaxation, visualisation, respiration, carnet du positif, etc.
  • Des conseils pour des repas plus sereins :
    – Aménager l’environnement
    – Instaurer une routine
    – Conscientiser la mastication
    – Diversifier progressivement l’alimentation
    – Dresser des assiettes « simples et lisibles » .
  • Des outils complémentaires :
    Réflexologie plantaire : protocole de relaxation mais aussi de renfort des capacités de drainage du foie et régulation nerveuse
    Fleurs de Bach : dans le cadre de la cure de détoxification, je conseille CRAB APPLE qui est un véritable « dépuratif émotionnel ». Cet élixir apporte acceptation et respect soi, avec une sensation de purification permettant d’aller de l’avant.

Ce travail de « bien manger » peut prendre plus de temps que celui de la 1ère cure de détoxification, et pourra continuer au-delà au rythme de la personne.

Certains auteurs recommandent le régime Seignalet ou le régime GAPS (), () qui ont pour point commun l’éviction du gluten (protéines du blé, seigle et orge) et de la caséine (protéine du lait).

Toutefois, je trouve ces régimes trop restrictifs et difficilement tenables sur le long terme, surtout chez des femmes qui souffrent ou ont souffert de TCA. Je ne les recommanderai donc pas en première intention (mais ne les écarte pas au fil de l’accompagnement). Il en va de même pour le jeûne ou la monodiète. A la place, je suggère de trouver l’équilibre entre les aliments à privilégier et à éviter :

Figure 3 - L'équilibre alimentaire de la femme TSA
Figure 3 – L’équilibre alimentaire de la femme TSA

Attention, éviter ne veut pas dire supprimer : à chacune de trouver son équilibre.

Je suggère de soutenir le foie dans son travail de détoxification de façon plus douce, à un moment où la personne sera en mesure de le supporter – c’est-à-dire avec une vitalité plutôt haute – car une telle cure peut affaiblir l’organisme (nausées, maux de têtes, etc) :

  • Privilégier une alimentation biologique, brute et la plus naturelle possible
  • Éviter les surcharges en diminuant autant que possible les aliments « nocifs » (cf figure ci-dessus)
  • Privilégier les aliments bénéfiques pour soutenir le foie dans ses fonctions
  • Privilégier les aliments riches en soufre.

De plus, les personnes TSA souffrent souvent de dysbiose*, qu’il convient de réguler pour garantir une absorption optimale des nutriments. Ainsi, différentes étapes peuvent être entreprises lors de cette 1ère cure pour réguler la dysbiose :

  • La restauration de la paroi intestinale (cures de bouillon d’os ou d’aloe vera)
  • La réduction autant que possible du sucre raffiné qui est l’aliment pro-inflammatoire n°1
  • La réduction autant que possible de graisses saturées, également pro-inflammatoires.

* Dysbiose : le microbiote intestinal est déséquilibré et présente une faible diversité microbienne

Enfin, dans une optique de détoxification de l’organisme, je conseille de consommer pendant cette phase des jus de céleri et de coriandre fais minute à l’aide d’un extracteur ou de faire une cure de Chlorella (21) afin d’aider à éliminer les toxines et métaux lourds comme le mercure, l’aluminium, le plomb, le cuivre, le cadmium, le nickel et l’arsenic (22). Je veille aux précautions d’usage en raison des propriétés chélatrices puissantes de cette microalgue.

En parallèle, j’invite à consommer du gingembre, de l’ail, du persil, du chou kale et des épinards qui sont reconnus pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.

  • Activité physique

Lutter contre la sédentarité est essentiel : il s’agit de proposer des activités adaptées à la personne, en fonction de ce qui sera discuté en consultation (tempérament, contraintes professionnelles et personnelles, état physique, préférences personnelles). Je recommande toutefois d’introduire a minima une activité physique douce quotidienne d’au moins 20 minutes telle que la marche pour stimuler le transit si besoin, apaiser l’esprit, travailler l’équilibre, la coordination du corps et la mobilité.

  • Drainage 

Il convient de soutenir le foie et les reins dans leur travail d’élimination des déchets. La phytothérapie est un allié de choix, entre décoctions (romarin, chardon-marie, pissenlit) et bourgeons. Encore plus durant cette cure, l’hydratation est essentielle : boire en quantité suffisante d’une eau peu minéralisée pour drainer les toxines et les évacuer dans l’urine.

Au cours de la consultation, je peux proposer d’autres techniques, comme la bouillotte sur le foie, le brossage à sec ou la réflexologie plantaire.

Pour une détoxification optimale, il convient de soustraire autant que possible la personne aux sources de pollution (liste non exhaustive):

  • Aérer quotidiennement le lieu de lieu de vie et de travail
  • Utiliser des produits d’entretien les plus « clean » possibles
  • Utiliser des produits de toilette les plus simples possibles
  • Préférer le maquillage labellisé bio et en réduire la fréquence d’utilisation
  • Éviter les parfum et déodorants du commerce
  • Envisager d’arrêter le tabac.
  • Mental, émotionnel & spirituel

Les pensées négatives et croyances limitantes contribuent à maintenir l’inflammation de l’organisme via le cortisol, hormone du stress. Développer un état d’esprit positif aide donc à apaiser le mental mais aussi à limiter des troubles physiques. L’écoute active et la bienveillance sont primordiales dans cette démarche. En guidant la personne dans sa prise de conscience, l’écoute de son corps, l’acceptation et le lâcher prise par exemple, j’accompagne la personne dans la gestion de ses émotions et la diminution des symptômes physiques.

En complément du travail entrepris avec un psychologue ou thérapeute, le naturopathe peut partager des techniques d’apaisement du mental et des émotions :

  • Adopter au quotidien une respiration consciente, ample, profonde, et de préférence abdominale afin de libérer les tensions
  • Pratiquer régulièrement la cohérence cardiaque
  • Pratiquer la méditation aussi régulièrement que possible, ou à défaut écouter une musique douce pour apaiser le mental.

Nous pouvons également encourager les femmes à s’aménager des espaces et des temps d’isolement, que ce soit dans le monde du travail ou chez elles : pièce dédiée à la décoration apaisante et démunie d’écrans, accord avec le service RH, etc.

En biodécodage, l’autisme symbolise le besoin de protection (23): nous pouvons donc travailler dessus en consultation, notamment sur le fait de faire confiance aux autres, avoir confiance en la vie mais aussi et surtout avoir confiance en soi. Les Fleurs de Bach peuvent aider dans cette démarche.

  • Sommeil

Le sommeil est moins réparateur chez les personnes autistes (24) et les femmes autistes soufrent généralement d’épuisement après les phases de camouflage social (3). En plus des mesures d’hygiène alimentaire et sportive mises en place, il convient d’ajouter des bonnes pratiques de sommeil , incluant la mise en place d’une routine favorisant le sommeil pour sécuriser la personne et faciliter l’endormissement ou l’utilisation de couverture lestée pour renforcer le sentiment de sécurité et ressentir les limites corporelles.

  • Compléments alimentaires

En complément des mesures déjà évoquées, il peut être conseillé à la personne certains compléments alimentaires. Je recommande de faire réaliser un test sanguin au préalable pour vérifier les taux de vitamines et de minéraux (à discuter avec son médecin) (8) (10). Je préfère toutefois conseiller une alimentation brute et diversifiée avant de recourir à des compléments alimentaires.

2. Cure de revitalisation

Après la cure de détoxification, il convient de rééquilibrer l’alimentation et de reminéraliser l’organisme, tout en continuant la correction de la dysbiose. Dans la continuité de ce qui aura déjà été mis en place au niveau alimentaire en cure de détoxification, je conseille donc d’évoluer vers une alimentation de type méditerranéenne, rassasiante, anti-inflammatoire et antioxydante.  Après avoir mis en place progressivement les différents éléments de cette alimentation, la personne pourra introduire progressivement des légumes lactofermentés à ses repas. Ils contribuent à chouchouter le microbiote intestinal, en apportant à la fois plus de diversité (effet probiotique) et de quoi nourrir tous ces microorganismes (effet prébiotique). Ceci aura également pour effet de renforcer le système immunitaire et le bien-être mental.

Au niveau activité physique, je conseille de continuer et renforcer ce qui a été mis en place lors de la cure de détoxification. Se promener dans la nature, surtout en, forêt, en bord de mer ou de cascade permet de se recharger en ions négatifs qui aident à lutter contre le stress oxydatif et l’inflammation.

De même, la personne va continuer le travail entrepris en cure de détoxification au niveau émotionnel. Il est possible de lui proposer un accompagnement avec des animaux (En Isère : l’Arche de Julie) : celle-ci peut améliorer les capacités sociales et la qualité de vie. Par exemple, des chiens peuvent être utilisés pour améliorer la coordination œil-moteur, l’expression de sensations et sentiments, l’autonomie et la confiance. Les animaux favorisent également les interactions sociales et réduisent le stress aigu.

3. Cure d’harmonisation

Cette 3ème et dernière « cure » est en réalité une quête de l’harmonie globale vers laquelle la personne devra tendre pour maintenir son bien-être. Il s’agit plutôt d’un nouveau mode de vie. Ceci passe par l’éviction des sources de toxicité. La personne continuera d’organiser son hygiène de vie et soutenir ses organes, notamment les systèmes digestifs nerveux, en fonction de son ressenti des 2 premières cures.

Par exemple, je peux proposer de :

  • Faire 1 à 2 cures de détoxification par an, au moment opportun
  • Renouveler plusieurs fois par an la cure de bouillon d’os ou de jus d’aloe vera pour entretenir sa paroi intestinale
  • Organiser des ateliers pluridisciplinaires en petits groupes avec notamment psychologue et hypnothérapeute pour présenter la complémentarité de nos accompagnements
  • Continuer « d’éplucher l’oignon émotionnel » avec les Fleurs de Bach
  • Pratiquer régulièrement des séances de réflexologie plantaire pour drainer l’organisme et apaiser le mental
  • Se rapprocher d’associations de patients pour échanger avec d’autres femmes sur leur quotidien, leurs difficultés et leurs avancées.

Grossesse et parentalité

Une approche naturopathique peut être bénéfique pour améliorer le bien-être des femmes autistes dans ces phases de changement, tout en soutenant leur grossesse au cas échéant. Toutefois, les conseils doivent être ajustés en fonction des besoins particuliers de chaque femme et de la grossesse elle-même, en collaboration avec les professionnels de santé qui la suivent (médecin, sage-femme, etc).

Voici quelques recommandations :

  • Une alimentation équilibrée et adaptée : dans la lignée des recommandations énumérées précédemment, miser sur les aliments riches en nutriments tels que les légumes, les fruits, les céréales complètes ou semi-complètes, les protéines maigres et le « bon gras » riche en Omega 3
  • Activité physique appropriée : le yoga prénatal, la marche douce ou la natation peuvent contribuer à préserver un état de santé optimal
  • Sommeil : la grossesse et la maternité peuvent être l’occasion d’un sommeil perturbé. Des méthodes naturelles telles que la réflexologie plantaire et des tisanes apaisantes adaptées peuvent être conseillées, en plus de l’instauration d’une routine du coucher
  • Mental, émotionnel et spirituel :
    – Soutien émotionnel et gestion du stress grâce à des techniques de relaxation douces
    – Instaurer des routines apaisantes contribue à diminuer l’anxiété
    – Apprendre à respecter ses besoins et ses limites
  • Gestion de l’hypersensibilité multisensorielle :
    – Pendant la grossesse, certaines femmes ayant un TSA peuvent être plus sensibles aux odeurs, aux bruits ou aux sensations physiques. Il est primordial de créer un cadre paisible et favorable au bien-être : bouchons d’oreilles, lunettes filtrantes ou un environnement sensoriellement neutre
    – Conseiller de porter des vêtements agréables au toucher pour diminuer les désagréments
    Proposer de travailler sur une visualisation positive de la maternité et de la parentalité pour faire tomber certaines croyances limitantes (cf manque de légitimité)
    Planifier des séances de réflexologie plantaire après le 1er trimestre de grossesse pour apaiser la consultante, si elle l’accepte
  • Phytologie : des infusions de plantes douces, telles que le Tilleul ou la Mélisse, peuvent contribuer à calmer l’anxiété et encourager la relaxation. Ces plantes peuvent également être conseillées pendant l’allaitement.
  • Supplémentation :
    – En fonction des besoins spécifiques et si l’alimentation ne suffit pas, il est possible de recommander la prise d’Acide folique (B9), de Vitamine D, d’Oméga-3, de Magnésium bisglycinate, de Fer et de Zinc. Ces éléments nutritifs jouent un rôle crucial dans le développement du bébé et dans le bien-être de la mère
    Les probiotiques peuvent contribuer à renforcer la santé intestinale, notamment en cas de problèmes digestifs fréquents chez certaines femmes TSA.

Conclusion

Le parcours des femmes autistes est souvent semé de défis, en grande partie à cause du sous-diagnostic et de la méconnaissance de leurs spécificités. Ces femmes, qui développent des stratégies de camouflage pour s’adapter à la société, passent trop souvent inaperçues, souffrant en silence d’un manque de reconnaissance et d’une prise en charge adaptée.

Les avancées récentes sur le phénotype autistique féminin révèlent la nécessité de repenser les outils diagnostiques et d’inclure des perspectives qui tiennent compte de la diversité des expériences autistiques.

L’approche holistique et naturopathique met l’accent sur l’importance d’un accompagnement global et personnalisé, où la prise en charge dépasse la seule gestion des symptômes pour toucher l’ensemble de l’être : corps, esprit et émotions. Les différentes cures et les outils comme la gestion du stress, la nutrition, et l’élimination des toxines, apportent des solutions pratiques et naturelles pour améliorer la qualité de vie des femmes autistes.

Le chemin vers un diagnostic plus juste et une meilleure prise en charge est encore long, mais en combinant les connaissances actuelles et les approches alternatives, nous pouvons œuvrer pour un avenir où chaque femme autiste se sentira comprise, respectée et accompagnée.

Céline SEGUY – Naturopathe, Docteur en Pharmacie

310 ROUTE DU PRE VEYRET
38110  DOLOMIEU
07.64.85.94.33
Site internet
Prise de RDV : CRENOLIBRE

Références

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