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Garcinia cambogia : une plante sous étroite surveillance

Garcinia cambogia : une plante sous étroite surveillance

La veille métier, un moment incontournable de votre profession !

L’actualité récente le prouve encore. Le Garcinia cambogia a défrayé la chronique au début du mois de mars.

L’ANSES a, en effet, récemment émis un avis, dans lequel elle met en exergue les risques sanitaires associés à la consommation de compléments alimentaires à base de Garcinia cambogia, largement utilisés dans les produits amaigrissants.

Rappel : les propriétés de la Garcinia cambogia

Traditionnellement utilisée en tant que condiment dans des préparations culinaires et pour des usages médicinaux, dans les pays d’Asie, cette plante est autorisée dans les compléments alimentaires dans plusieurs pays européens.

Ce fruit, composé d’acide hydroxycitrique, un dérivé de l’acide citrique, est utilisé pour inhiber les glucides et les lipides. Il participe, ainsi, au contrôle et à la perte de poids.

Employée pour ses propriétés antidiabétiques, hypocholestérolémiantes, cette plante a la capacité de réduire l’appétit. Parfait, pour éviter les fringales en journées !
Elle participe, aussi, à maintenir un taux normal de sucre dans le sang.

Elle est rapidement devenue un incontournable dans les compléments alimentaires pour la perte de poids.
Mais, également, le Garcinia cambogia a longtemps été un principe actif dans les médicaments.

Une plante interdite dans les médicaments depuis 2012

Selon l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé), le Garcinia cambogia répond à la définition de médicament par fonction. En effet, ses propriétés hypoglycémiantes et hypolémiantes liées à la présence d’acide hydroxycitrique lui confère les caractéristique d’un médicament par fonction.

En 2012, l’ANSM a relevé un rapport bénéfices//risques défavorables, en raison des effets indésirables rapportés aux Etats-Unis et au Canada. L’ANSM a, également, constaté l’absence de démonstration d’intérêt thérapeutique du Garcinia.

Dans ces conditions, il a été décidé, par le Directeur général de l’Agence, d’interdire « l’importation, la préparation, la prescription et la délivrance de préparations magistrales, officinales et hospitalières composées de Garcinia cambogia, ainsi que la prescription, la délivrance et l’administration à l’homme de la plante Garcinia cambogia ».

Depuis cette date, en France, tous les médicaments à base de Garcinia cambogia ont été retirés de la vente.

Curieusement, il n’en a pas été de même pour les compléments alimentaires. Ne bénéficiant pas du même statut juridique, quelques 340 compléments alimentaires, à base de Garcinia, ont continué à être proposés, en vente libre aux consommateurs, désireux de perdre quelques kilos ou de contrôler leur taux de sucre.

Un appel à la vigilance de l’ANSES en 2025

Seulement, depuis quelques années, des effets indésirables sévères ont été rapportés, au niveau international.

C’est à la suite d’un cas d’hépatite fulminante mortelle, que l’ANSES a engagé une expertise pour déterminer les effets indésirables provoqués par la consommation de Garcinia cambogia.
Entre 2009 et 2024, 38 signalements d’effets indésirables ont été déclarés.

Des hépatites aigües, des troubles psychiatriques (psychoses et épisodes bipolaires), des complications digestives telles que la pancréatite aiguë et l’acidocétose diabétique, ainsi que des atteintes cardiovasculaires (cardiomyopathies, myocardites) et musculaires (rhabdomyolyse), ont été répertoriées par les dispositifs de nutrivigilances, de pharmacovigilance et de toxicovigilance.
Les effets se sont, parfois, manifestés chez des personnes sans aucun antécédent médicaux.

Les résultats de cette étude a conduit l’ANSES à émettre une alerte dans un avis publié le 12 février dernier.

Dans cet avis, l’ANSES déconseille la consommation de Garcinia cambogia à l’ensemble de la population.

Une évaluation EFSA en cours

L’Efsa (Autorité européenne de Sécurité des Aliments) conduit une étude des risques associés à l’ingestion de l’acide hydroxycitrique.
Selon les résultats de cette étude, de nouvelles mesures pourraient être prise pour restreindre, voire interdire, le Garcinia cambogia des compléments alimentaires en vente libre.

Il faudra suivre l’actualité et mener une veille métier efficace pour connaître les suites données.

En attendant, par application du principe de précaution et en conformité de l’avis de l’ANSES, il convient de s’abstenir de conseiller du Garcinia cambogia à vos clients, dans le cadre de vos suivis naturopathiques.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter les sites suivants :

A bientôt !!

Virginie VALLON
Conseiller en Naturopathie
Formateur interne chez ADNR-Formations
Référente sur le cursus Enterprenariat