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Fertilité : les aides nutraceutiques pour les femmes et les hommes

L’infertilité est définie comme l’absence de grossesse malgré des rapports sexuels non protégés pendant une période d’au moins 12 mois.

D’après les données de l’Enquête Nationale Périnatale (ENP) et de l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Obseff), 15 à 25% des couples sont concernés. Ces chiffres tombent à 8% – 11% après deux ans de tentative.[i]

Bien sûr cette infertilité peut venir à la fois de l’homme ou de la femme (ou parfois des deux). L’étiologie de l’infertilité est très vaste : il peut y avoir des causes anatomiques, génétiques, immunologiques, des facteurs environnementaux (perturbateurs endocriniens), liés au mode de vie (tabagisme, mauvaise alimentation), au stress, la présence de maladies (hormonales et/ou métaboliques), etc. C’est un puzzle très complexe.

Si on laisse de côté les défauts anatomiques (sténose des trompes, anomalies de l’utérus…), trois types de mécanismes peuvent participer à l’infertilité, tant féminine que masculine :

  • Le stress oxydatif ;
  • L’inflammation ;
  • Les déséquilibres hormonaux.

A noter qu’ils sont tous les trois fortement intriqués, participant généralement à des cercles vicieux. C’est ainsi par exemple que le stress oxydatif détériore la qualité des spermatozoïdes, favorise le vieillissement des ovaires (et donc l’insuffisance ovarienne prématurée), que l’inflammation favorise la résistance à l’insuline dans le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui a son tour modifie les sécrétions hormonales (hyperandrogénie) et abouti à des défauts d’ovulation. Le stress oxydatif et l’inflammation s’auto-entretiennent l’un l’autre. L’inflammation, dans l’endométriose, est aussi à l’origine d’aberrations hormonales, comme une hyperproduction locale d’œstrogènes dans les lésions (sous l’effet de l’aromatase) et de la résistance à la progestérone. Cette hyperœstrogénie stimule par la suite l’inflammation. Ces exemples permettent de comprendre que ces trois mécanismes sont essentiels à cibler, quelle que soit la cause d’infertilité et le sexe.

 

 

Le traitement par un mix d’inositols pour optimiser la fertilité dans le SOPK

 

L’inositol est une molécule organique présente dans le corps, mais aussi dans les végétaux. On parle d’inositols au pluriel car il en existe neuf stéréo-isomères. On retrouve dans le corps surtout du myo-inositol et un peu de D-chiro-inositol. Ces molécules jouent notamment un rôle dans la signalisation de l’insuline.

Le myo-inositol constitue le principal traitement nutraceutique du SPOK. Il permet de diminuer la résistance à l’insuline et par conséquent les problèmes d’ovulation. Il peut aussi être utilisé en procréation médicalement assisté (PMA) pour améliorer l’ovulation.[ii]

 

 

Le paradoxe des ovaires et du D-chiro-inositol

Dans l’organisme le myo-inositol est converti en D-chiro-inositol par une enzyme : l’épimérase. Or cette dernière est strictement dépendante de l’insuline. Le problème est que dans la majorité des cas de SOPK il y a une résistance à l’insuline. Ceci va amener à une réduction de l’activité de l’épimérase, et donc à trop de myo-inositol et pas assez de D-chiro-inositol dans l’ensemble de l’organisme. Ceci va d’ailleurs majorer la résistance à l’insuline (car l’équilibre des deux formes d’inositols est rompu).

Mais il subsiste un autre problème : il n’y a pas de résistance à l’insuline dans les ovaires. Et le pancréas sécrète beaucoup d’insuline dans l’organisme, pour compenser l’insulino-résistance. Les ovaires se retrouvent à la fois sans insulino-résistance et avec trop d’insuline. Ceci augmente l’activité de l’épimérase et génère trop de D-chiro-inositol (et pas assez de myo). On parle alors de paradoxe des ovaires et du D-chiro-inositol. Ce déséquilibre entre les deux formes va aussi être délétère pour les ovaires.

 

 

Un double paradoxe ?

On serait tenté de penser que s’il n’y pas assez de myo et trop de D-chiro-inositol dans les ovaires, une complémentation seulement en myo-inositol serait préférable. D’ailleurs du D-chiro-insositol empire le fonctionnement ovarien.[iii] Pourtant la combinaison des deux donne de meilleurs résultats dans le SOPK que le myo-inositol seul… Beaucoup d’études ont été menées avec un rapport de 40:1 (40 fois plus de myo que de D-chiro-inositol), le ratio que l’on retrouve dans le sang.[iv]

 

 

La supériorité du ratio 3,6:1

Bien que physiologique, le ratio 40:1 n’est probablement pas optimal. Dans une étude contrôlée randomisée publiée en 2019, des femmes atteintes de SOPK subissant une FIV ICSI, ont reçu chaque jour 1100 mg de myo-inositol associé soit à 27,6 mg (ratio 40:1), soit 300 mg (ratio 3,6:1) de D-chiro-inositol. Le taux de grossesse a été 3 fois plus important dans le groupe 3,6 :1 ! [v]

Les chercheurs expliquent ce bien meilleur résultat par une valeur absolue plus grande de D-chiro-inositol (300 mg contre 27,6 mg), preuve qu’il faut bien les deux formes, mais plus de D-chiro-inositol que ce qu’apporterait un ratio physiologique.

 

 

Astaxanthine : caroténoïde surpuissant bénéfique pour la fertilité

 

L’astaxanthine est un pigment caroténoïde. Elle a été isolée pour la première fois à partir de homards en 1938. C’est en effet le pigment qui donne la couleur rouge ou rose à la carapace des crustacés et à certains poissons.

Certains caroténoïdes peuvent être convertis en vitamine A dans le corps humain. Ce n’est pas le cas de l’astaxanthine. C’est uniquement un antioxydant, mais au potentiel vraiment impressionnant[vi] :

  • 110 fois plus puissant que la vitamine E ;
  • 560 fois plus que les catéchines du thé vert ;
  • 800 fois plus que la Coenzyme Q10 ;
  • 3000 fois plus que le resvératrol ;
  • 6000 fois plus que la vitamine C !

 

Contrairement aux autres antioxydants, l’astaxanthine ne devient jamais un pro-oxydant.

 

 

Elle protège les ovocytes du stress oxydatif

Une étude in vitro a montré que l’astaxanthine améliore le développement des follicules et des ovocytes en augmentant leur capacité antioxydante et en diminuant le stress oxydatif induit par le bisphénol A (perturbateur endocrinien), pendant le développement folliculaire et la maturation des ovocytes.[vii]

 

 

L’astaxanthine, une aide pour la PMA en cas d’endométriose

Chez des femmes atteintes d’endométriose et en parcours de procréation médicalement assistée, une supplémentation de 12 semaines à hauteur de 6 mg par jour a amélioré différents paramètres relatifs au stress oxydatif et à l’inflammation, mais a aussi augmenté le nombre d’ovocytes récupérés et d’ovocytes matures.[viii]

 

 

Régulatrice du métabolisme dans le SOPK

L’astaxanthine est aussi utile dans le SOPK pour corriger les troubles métaboliques (et rappelons que les troubles hormonaux dans le SOPK découlent des troubles métaboliques). Dans un essai clinique randomisé en triple aveugle, la supplémentation en astaxanthine (2 x 6 mg par jour, pendant 8 semaines) a fait baisser la glycémie à jeun, la résistance à l’insuline, les marqueurs du stress oxydant, le taux de cholestérol LDL et le ratio cholestérol total / HDL.[ix]

 

 

Utile pour les hommes également

Dans le cas de l’infertilité masculine l’astaxanthine (16 mg par jour) a été testée dans un essai contrôlé randomisé en double aveugle. Les espèces réactives à l’oxygène ont diminué de manière significative et la vitesse linéaire des spermatozoïdes a augmenté dans le groupe astaxanthine, mais pas dans le groupe placebo.[x]

 

 

Une dose journalière jusqu’à 8 mg selon les dernières recommandations européennes

L’EFSA, l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments, dans un communiqué publié en 2020, a établi une nouvelle dose journalière admissible (DJA) de 0,2 mg d’astaxanthine / kg, qui a remplacé la DJA de 0,034 mg / kg établie en 2014. En tenant compte de cette actualisation et de l’exposition à l’astaxanthine via l’alimentation (poissons et crustacés), la combinaison avec 8 mg issus de compléments alimentaires, est jugée sans danger pour les adultes selon les experts.

 

 

 

Lutter contre le stress oxydatif pour améliorer le spermogramme

 

L’analyse du sperme est la pierre angulaire de l’évaluation en laboratoire de l’infertilité masculine. Le spermogramme comprend différentes mesures telles que le volume de l’éjaculat, le pH, le nombre, la forme, la vitalité et la mobilité des spermatozoïdes et encore d’autres paramètres.

En cas d’hypofertilité confirmée par le spermogramme, différents nutriments sont utiles pour améliorer les paramètres déficients. On peut citer notamment la carnitine, un antioxydant naturel, qui joue un rôle crucial dans le transport des acides gras à longue chaîne à travers la membrane des mitochondries. Elle est donc utile pour l’énergie des spermatozoïdes. A noter qu’une complémentation combinée de L-carnitine et d’acétyl-L-carnitine donne de meilleurs résultats qu’une seule sorte de carnitine.[xi]

L’arginine est aussi importante, car un déficit entraîne une diminution de la motilité et une perte de spermatogenèse.

Une carence en zinc entrave la spermatogenèse et est à l’origine d’anomalies des spermatozoïdes et a un effet négatif sur la concentration sérique de testostérone. Le zinc améliore le métabolisme de la B9 (via la méthionine synthase dans le cycle de la méthylation).

Les apports en séléniums sont aussi importants. Le taux de glutathion peroxydase (GPX) est lié au statut en sélénium, car c’est une sélénoprotéine formée de 4 sous-unités contenant chacune un atome de sélénium incorporé dans une molécule de sélénocystéine. La GPX est une enzyme antioxydante qui assure l’intégrité des flagelles pour la mobilité et la stabilité des spermatozoïdes.

La coenzyme Q10, un cofacteur essentiel à la production d’énergie doté de propriétés antioxydantes majeures, est couramment utilisée pour soutenir la spermatogenèse dans l’infertilité masculine idiopathique.

 

 

Fertilhom®, un produit formulé par NATURAMedicatrix et étudié cliniquement

Le produit Fertilhom®, une formulation multi-ingrédients de NATURAMedicatrix à base de L-carnitine, acétyl-L-carnitine, L-arginine, glutathion, coenzyme Q10, zinc et vitamines B9 et B12, a été évalué contre placebo dans une étude contrôlée randomisée en double aveugle. Cette étude réalisée il y a quelques années dans huit centres cliniques d’urologie et de santé reproductive situés en Ukraine, a été publiée dans la prestigieuse revue Andrology.[xii]

Après 4 mois de consommation quotidienne d’un sachet de Fertilhom®, la mobilité linéaire des spermatozoïdes a été deux fois meilleure que celle du groupe placebo. Elle est revenue aux normes de l’OMS pour le groupe FertilHom®. Les chercheurs ont noté une amélioration très significative du nombre total, de la concentration et de la viabilité des spermatozoïdes dans le groupe FertilHom®, par rapport au placebo. Il a été observé 3 fois plus de spermogrammes normaux dans le groupe Fertilhom®.

Finalement 10 femmes (sur 42) sont tombées enceintes dans le groupe FertilHom®, contre 2 dans le groupe placebo. Le taux de grossesses a été ainsi 5 fois plus important dans le groupe Fertilhom®.

 

 

 

Fabien Piasco

 

 

 

 

 

[i] INSERM. Infertilité. Des difficultés à concevoir d’origines multiples. https://www.inserm.fr/dossier/infertilite/

[ii] Facchinetti F, Espinola MSB, Dewailly D, Ozay AC, Prapas N, Vazquez-Levin M, Wdowiak A, Unfer V; Expert Group on Inositols in Preclinical and Clinical Research. Breakthroughs in the Use of Inositols for Assisted Reproductive Treatment (ART). Trends Endocrinol Metab. 2020 Aug;31(8):570-579.

[iii] Dinicola S, Chiu TT, Unfer V, Carlomagno G, Bizzarri M. The rationale of the myo-inositol and D-chiro-inositol combined treatment for polycystic ovary syndrome. J Clin Pharmacol. 2014 Oct;54(10):1079-92.

[iv] Unfer V, Porcaro G. Updates on the myo-inositol plus D-chiro-inositol combined therapy in polycystic ovary syndrome. Expert Rev Clin Pharmacol. 2014 Sep;7(5):623-31.

[v] Mendoza N, Diaz-Ropero MP, Aragon M, Maldonado V, Llaneza P, Lorente J, Mendoza-Tesarik R, Maldonado-Lobon J, Olivares M, Fonolla J. Comparison of the effect of two combinations of myo-inositol and D-chiro-inositol in women with polycystic ovary syndrome undergoing ICSI: a randomized controlled trial. Gynecol Endocrinol. 2019 Aug;35(8):695-700.

[vi] Patil AD, Kasabe PJ, Dandge PB. Pharmaceutical and nutraceutical potential of natural bioactive pigment: astaxanthin. Nat Prod Bioprospect. 2022 Jul 7;12(1):25.

[vii] Li Y, Dong Z, Liu S, Gao F, Zhang J, Peng Z, Wang L, Pan X. Astaxanthin improves the development of the follicles and oocytes through alleviating oxidative stress induced by BPA in cultured follicles. Sci Rep. 2022 May 12;12(1):7853.

[viii]Rostami S, Alyasin A, Saedi M, Nekoonam S, Khodarahmian M, Moeini A, Amidi F. Astaxanthin ameliorates inflammation, oxidative stress, and reproductive outcomes in endometriosis patients undergoing assisted reproduction: A randomized, triple-blind placebo-controlled clinical trial. Front Endocrinol (Lausanne). 2023 Mar 20;14:1144323.

[ix] Jabarpour M, Aleyasin A, Shabani Nashtaei M, Amidi F. Astaxanthin supplementation impact on insulin resistance, lipid profile, blood pressure, and oxidative stress in polycystic ovary syndrome patients: A triple-blind randomized clinical trial. Phytother Res. 2024 Jan;38(1):321-330.

[x] Comhaire FH, El Garem Y, Mahmoud A, Eertmans F, Schoonjans F. Combined conventional/antioxidant « Astaxanthin » treatment for male infertility: a double blind, randomized trial. Asian J Androl. 2005 Sep;7(3):257-62.

[xi] Balercia G, Regoli F, Armeni T, Koverech A, Mantero F, Boscaro M. Placebo-controlled double-blind randomized trial on the use of L-carnitine, L-acetylcarnitine, or combined L-carnitine and L-acetylcarnitine in men with idiopathic asthenozoospermia. Fertil Steril. 2005 Sep;84(3):662-71.

[xii] Kopets R, Kuibida I, Chernyavska I, Cherepanyn V, Mazo R, Fedevych V, Gerasymov S. Dietary supplementation with a novel l-carnitine multi-micronutrient in idiopathic male subfertility involving oligo-, astheno-, teratozoospermia: A randomized clinical study. Andrology. 2020 Sep;8(5):1184-1193.